Les sentences sévères (exemplaires) imposées aux chauffards ayant causé la mort

« Si jamais vous adoptez une conduite dangereuse avec votre voiture (comme de rouler à 140 km/h dans une zone de 50 km/h ou de conduire en état d’ébriété), au moins, faites suffisamment attention pour ne pas causer la mort d’autrui (dont celle de vos parents et amis) » (!!!).
N’est-ce pas là le message paradoxal envoyé par notre système judiciaire en imposant des peines dont la sévérité varie en fonction des conséquences plutôt qu’en fonction des niveaux de risques pris par les conducteurs?

Un tel message lancé par des sentences proportionnelles aux conséquences n’est-il pas insignifiant considérant :
1) que les chauffards visent déjà naturellement à ce que leurs conduites dangereuses n’engendrent pas de conséquences dramatiques, comme la mort?
2) que les chauffards se croient généralement à l’abri de causer des accidents mortels malgré leurs conduites dangereuses, et qu’ils se croient donc à l’abri des sentences plus sévères associées à cette éventualité?

Comment alors expliquer un système pénal aussi illogique et peu préventif?

Par ses peines établies davantage en proportion de la gravité des conséquences involontaires des comportements dangereux qu’en proportion du niveau de dangerosité des comportements, notre système judiciaire s’est apparemment donné un rôle de vengeur. Mais, si le désir de vengeance des personnes affectées par les drames causés par des chauffards peut se comprendre, faut-il pour autant satisfaire ce désir? Les personnes vivant des drames occasionnés par des chauffards ne gagneraient-elles pas à ce qu’une partie des ressources actuellement consacrées à leur vengeance et à une illusoire répression de la conduite dangereuse servent plutôt à leur fournir davantage de moyens plus efficaces de soulager leur douleur?

De son côté, la société dans son ensemble n’aurait-elle pas avantage à maximiser l’effet préventif de ses ressources (dont pénales) limitées? Ainsi, ne serait-il pas plus indiqué d’augmenter les peines pour conduite dangereuse n’ayant pas encore causé la mort; quitte à devoir réduire celles imposées aux chauffards moins chanceux qui ont causé de graves conséquences? L’imposition de peines plus sévères avant même que des drames surviennent ne devrait-elle pas faire réfléchir et rendre plus prudents même les chauffards se croyant trop bons conducteurs pour causer de graves accidents?

En fait, ne serait-il pas à la fois plus équitable et socialement avantageux d’établir les sentences selon les niveaux de dangerosités des conduites des chauffards (le degré d’ébriété, le niveau de vitesse excessive,…) quelles que soient les conséquences spécifiques et involontaires de chacun de ces comportements (Tout en ayant une certaine progression des sentences selon le nombre de récidives, pour ceux qui ont plus de difficulté à comprendre la réprobation sociale relative à leurs comportements dangereux) ?