Les subventions du programme « Feu vert » pour inciter les résidents de l’île de Montréal à se départir de leurs vieux poêles et foyers

Les propriétaires montréalais qui remplacent leur vieux appareils de chauffage au bois par un appareil de chauffage moins polluant peuvent recevoir jusqu’à 900 $ dans le cadre du programme Feu vert, financé par Québec et géré par Équiterre. Paradoxalement, alors que Québec privilégie les remplacements par des poêles ou des foyers électriques, les incitatifs financiers sont deux fois plus importants pour les remplacements par des appareils à granules ou au gaz ( 350 $ à 450 $ vs 900 $)! N’aurait-il pas été plus logique de subventionner au moins autant les foyers électriques que les appareils à granules ou au gaz, plus polluants?

À Québec, on m’a dit que les modalités de ce programme étaient établies par Équiterre. À Équiterre, on m’a répondu que les incitatifs avaient été déterminés en fonction des coûts d’achats et d’installations des appareils de remplacement. Mais pourquoi subventionner davantage les solutions plus chères si celles-ci atteignent moins efficacement l’objectif ultime visé (réduire la pollution atmosphérique hivernale à Montréal) que les solutions moins chères?

Que serait-il arrivé si on avait offert un incitatif unique de, par exemple, 600$ à tout ce beau monde, indépendamment de leurs goûts plus ou moins dispendieux en matière de solutions de remplacements à leurs vieux appareils de chauffage au bois? Moins de personnes  disposées à remplacer leur viel appareil au bois seulement par un appareil à granules ou au gaz auraient participé au programme. Par contre, plus de personnes disposées à remplacer leur vieil appareil au bois par un foyer électrique, ou disposées à se départir de leur foyer au bois sans le remplacer, auraient participé au programme. Le programme aurait-il été globalement moins efficace par dollar de subvention octroyé? A-t-on fait des recherches qui auraient démontré qu’il était plus rentable d’octroyer des subventions variant selon les coûts des solutions de remplacement choisis? Ou a-t-on simplement voulu que les personnes n’acceptant que des remplacements à granules ou au gaz soient autant incités à se débarrasser de leurs vieux appareils au bois que les personnes acceptant des remplacements à l’électricité, même si cela n’était pas nécessairement la façon la plus efficace d’atteindre l’objectif de réduire la pollution atmosphérique hivernale à Montréal? Si cette dernière hypothèse est la bonne, faudrait-il en déduire que l’équité consisterait maintenant à verser de plus généreuses subventions aux personnes ayant les goûts les plus dispendieux?…

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