La règle « À travail égal, salaire égal », en nivelant par le haut

Lorsque des femmes sont moins rémunérées que leurs collègues masculins pour accomplir le même travail, beaucoup de personnes interprètent que leurs employeurs chercheraient ainsi à maximiser injustement leurs bénéfices en sous-payant leurs employés féminins. Pour elles, l’équité exigerait donc que l’État force ces employeurs à étendre à leurs employés féminins les conditions de travail accordées à leurs employés masculins. Un tel raisonnement est-il réellement soutenable?

Dans notre société, nous cherchons généralement à payer le moins cher possible pour un bien ou un service donné, d’une qualité donnée. Ne devrait-on pas considérer ce phénomène comme étant la base de nos interprétations de la réalité? Ainsi, supposons qu’un individu achète un bien d’un vendeur à un prix plus élevés que le prix qu’il aurait à payer à un autre vendeur aussi accessible, pour le même bien, avec la même qualité de service. Ne devrait-on pas interpréter que cet acheteur accorde ainsi une sorte de faveur à son vendeur demandant le prix le plus élevé? Ne devrait-on pas interpréter que cet acheteur aurait un comportement plus normal et ne serait pas injuste s’il achetait plutôt le bien en question au vendeur demandant le prix le moins élevé?  N’en va-t-il pas de même si des employeurs acceptent de verser des salaires relativement élevés à leurs employés masculins alors qu’ils ont la possibilité d’engager des femmes pour faire le même travail, avec la même productivité, en leur octroyant des conditions de travail moindres? Ne devrait-on pas interpréter que ces employeurs sur-payent leurs employés masculins, et non pas qu’ils sous-payent leurs employés féminins?

Si on peut percevoir de l’iniquité dans le fait que des employeurs sur-paient leurs employés masculins sans sur-payer autant leurs employés féminins, en quoi serait-il socialement plus équitable de niveler les salaires par le haut? Des employés masculins rémunérés à des niveaux supérieurs à ceux requis par les lois du marché sont favorisés non seulement par rapport à leurs collègues féminins moins rémunérées, mais aussi par rapport à l’ensemble des travailleurs et travailleuses qui désireraient et qui pourraient occuper les postes de ces employés masculins, même à des conditions de travail moins généreuses. En quoi serait-il alors équitable que le gouvernement force les employeurs à étendre exclusivement à leurs employés féminins les avantages relatifs (ou sur-rémunérations) qu’ils octroient à leurs employés masculins? L’État ne devrait-il pas plutôt viser à redistribuer la richesse aux citoyens en se basant sur des critères plus équitables que celle des avantages octroyés par leurs employeurs à leurs collègues de travail? Ne serait-il pas plus équitable, par exemple, que l’État effectue plus de répartition de la richesse de l’ensemble des mieux nantis vers l’ensemble des moins bien nantis, indépendamment des conditions de travail octroyées aux collègues de ces mieux et moins bien nantis?

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