Les subventions aux transports en commun, sous prétexte de vouloir réduire les congestions routières ou la pollution atmosphérique

On justifie souvent l’octroi de subventions aux transports en commun par la volonté de réduire les problèmes de congestions routières ou de pollutions atmosphériques. On se dit qu’en finançant les transports en commun, on incitera des automobilistes à délaisser leur automobile pour les transports en commun et qu’on réduira ainsi les problèmes de congestions routières ou de pollutions atmosphérique. Sauf que de délaisser l’automobile pour les transports en commun n’est ni le seul ni le meilleur moyen de réduire les congestions routières et la pollution. Comment peut-on alors invoquer la lutte à la congestion routière ou à la pollution atmosphérique pour aider financièrement davantage ceux qui choisissent les transports en commun que ceux qui choisissent d’autres moyens aussi ou plus efficaces pour réduire ces problèmes?

Pour illustrer, supposons deux collègues de travail. L’un d’entre eux a choisi d’installer sa demeure à la campagne, loin de leur lieu de travail commun. L’autre a plutôt choisi de s’installer plus près de leur lieu de travail, quitte à devoir payer plus cher pour son logement comparable à celui de son collègue. L’employé habitant à la campagne utilise les transports en commun; Cependant, les distances qu’il effectue pour aller travailler sont tellement plus longues que celles effectuées pas son collègue, qu’on estime qu’il contribue davantage aux problème de pollution et de congestion routière que son collègue, même si ce dernier se déplace en voiture.  Comment peut-on alors invoquer la lutte à la congestion routière et à la pollution pour subventionner l’employé utilisant les transports en commun sans subventionner au moins autant son collègue ayant choisi un logement plus près de son travail? Ne serait-il pas plus logique de subventionner davantage les solutions qui contribuent davantage à réduire les problèmes qu’on désire résoudre que celles qui y contribuent moins?

Une façon plus simple de favoriser davantage les solutons plus efficaces que celles qui sont moins efficaces serait d’appliquer  le principe utilisateurs-payeurs ou pollueurs-payeurs.  Cela pourrait se faire, par exemple, par l’intermédiaire de péages routiers ou de taxes sur l’essence. Les façons de redistribuer les sommes additionnelles qui seraient ainsi recueilles par l’État seraient sujettes à débats. Personnellement, j’estime qu’il serait légitime de consacrer une partie de ces sommes aux versements de transferts additionnels aux moins bien nantis afin que, au bout du compte, ceux-ci ne soient généralement pas appauvris par les dites hausses de taxes et de tarifs.

Cela étant dit, il existe peut-être quand même de bonnes raisons, logiquement défendables, de subventionner l’utilisation des transports en commun davantage que d’autres comportements relativement encore plus efficaces pour diminuer les problèmes de congestions routières et de pollutions: Il me semble seulement qu’on devrait admettre que la volonté de réduire les problèmes de congestions routière et de pollution ne peut pas en être une.

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2 commentaires

  1. sebastien bazin

     /  9 mai 2013

    Effectivement les transports en commun ne résolvent rien !! D’une part je suis d’accord que ce n’est pas en remplaçant 50 véhicules chacun transportant leur seul conducteur par un bus transportant 50 personnes que les routes seraient moins congestionnées, ça tombe sous le sens (hein ? quoi ? wtf ?). Et puis il est vrai que la comparaison de pollution entre le type qui fait 80 bornes en transport en commun pour aller bosser et celui qui en fait 2 avec sa voiture est assez imparable, on se dit vive la voiture, limite j’irai serrer la main à tous les conducteurs seuls dans leur cross over en plein centre vile. Je répond à côté, pardonnez moi, l’idée est en fait de déménager à chaque changement de lieu de travail, il va falloir penser tout de même à recruter dans les agences immobilières car, ah oui pardon, tout le monde n’a pas l’opportunité de bosser forcément des années au même endroit. Sinon, quid du couple où les entreprises des deux partenaires se situent à 40 kms l’une de l’autre ? Et que fait le pauvre smicard qui bosse en plein Paris ou autre agglomération hors de prix en terme de logement ? Même la coquette studette wc sur palier à deux pas de son boulot il n’en a pas les moyens.le malheureux, oui celui là même qui n’a pas toujours les moyens d’avoir une voiture, et qui, s’il devait payer son titre de transport en commun hors subventions, bah il ne pourrait tout simplement pas aller bosser…

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  2. @ sébastien bazin

    Si c’est le sort des pauvres qui vous inquiète, pourquoi ne soutenez-vous pas l’idée d’effectuer davantage de transferts monétaires pour tous les pauvres (incluant ceux qui choisissent de réduire leurs distances parcourues, quitte à loger dans les logements plus dispendieux ou à déménager plus souvent)? Pourquoi votre aide aux pauvres est-elle conditionnelle à ce qu’ils utilisent les transports en commun?

    Répondre

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